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Lou Cabrit — Le chevreau de Pâques

Lou Cabrit

Le chevreau de Pâques

Dans une église de village, Marioun fait un geste de cuisine en direction du curé pendant la messe.
Marioun interroge le curé pendant la messe. Reconstitution historique créée par intelligence artificielle ; il ne s’agit pas d’une photographie d’époque.

Résumé

Pour le repas de Pâques, le curé de Chipoutou confie un chevreau à sa cuisinière, Marioun. Mais, absorbée par ses préparatifs, elle oublie les instructions reçues. Elle se rend alors à l’église et l’interroge par gestes pendant la messe. Sans interrompre son chant, le curé lui répond : une moitié rôtie, l’autre en sauce ! Un conte savoureux où la gourmandise se mêle à la malice populaire.

Un conte transmis de génération en génération

Louis Abric a contribué à faire connaître Lou Cabri, un conte que plusieurs générations ont déclamé au cours de repas et de réunions.

Membre du Fougau de Montpellier, il écrivait en occitan languedocien et lisait notamment l’Armanac mount-pelieirenc et Le Félibrige Latin. Le récit Lou Cabrit, reproduit ci-dessous, a nourri son inspiration.

Le texte occitan

Per la festa de Pascas, baileroun au prieu de Chipoutou, un cabrit talament reblat que se diguet : -« N’en farai un rebobis. »

Sounet la serviciau e ie’nsegnet couma lou deviè cousina :

-« Que la sauça dau civet siegue un pau pebrada e que lou roustit siegue pus roussel que l’or, car aurem à taula de gentz couma Janet de Lesclafidou, que se counoui en mangilha couma pas un ; Pousset, qu’es apetissat couma dous ; Tournagobis, qu’es un das marquises de la Casssairola, e Linfournet, qu’es saique tant e mai espert qu’eles tres au cop.

-Segués tranquille, moussu lou prieu, tout serà bon e pus bon. »

-E Marioun carguet soun mantau blanc, anet à la plaça cercà touta mena de gourmandisas e de sucrariès. Cousinet pioi tres ouras de reloge, e, dau cop, se souvenguet pas pus de quante biai i’avien dich d’adougà lou cabrit.

D’aquel moument lou prieu cantava la messa e sabiè pas, la paure, coume i’aprene sous laguis.

Fin finala, dau tems que Janet de l’Esclafidou, Pousset e Tournagobis intravon dins la clastra e ie nistechavoun per saupre se tout anava à l’acoustuma, Marioun, que vouliè pas perdre lou dich d’este la milhouna cousinieira de Chipoutou, dintra, à soun tour, dedins la gleisa e vegent que lou prieu cantava l’evangile, ie faguet d’abor sinne couma se boulegava la cassairola e pioi couma s’enlastava un floc de car.

Lou prieu, que la coumprenguet, se metet à cantà sus lou cop :

« Per ce qu’es dau cabrit :

Mes la mitat roustit,

L’autra mitat en sauça !... »

Marioun n’en vouguet pas mai saupre ; courriguet à la cousina, e la messa seguet pas pus lèu fenida que lou cabrit, boulit e roustit, fasiè lum de veire.

Lous couvidats s’en lequeroun las boucas e Linfrounet, qu’es un pau felibre, proumetet à Marioun que l’istoria seriè countada à la premiera paja de l’ « Armanac mountpelieirenc » de MDCCCC per Carles de Reboul e Meste Pourranquet.

Source indiquée dans le document transmis : Armanac mount-pelieirenc, 1849.

Lire les notes du texte transmis

1. Vieille narration populaire.

2. On sait par de spirituelles pages de Boucherie, que le pays du Sarrasin Chernuble est, dans la « Chanson de Roland, » celui où « pissent » de préférence les diables. Le Languedoc a, lui aussi, ses régions et ses villes imaginaires. Le pays de Cocagne, où un rimeur montpelliérain, déjà vieux de plus d’un siècle, voyait courir des lièvres rôtis, lui est connu, et il en est de même du « Papeligosse » de Rabelais, qui lui était, bien avant que l’auteur de « Pantagruel » vint au monde, familier sous le nom de « Pampalibourna » et « Pampalibourneta. »

« Pampaluna » et « Pampaluneta » participent à la fois de l’imagination et la réalité géographique Cf. Pampelonne (Tarn,) Pampelune (Espagne,) etc… etc… mais Chipoutou, qui appartient en entier au domaine de la fable, appelle des précautions de langage non moins particulières que celle usitées à l’égard du royaume de Chernuble. Les chiens en effet, ont le privilège d’y aboyer, non pas par la gueule, comme tous les chiens des deux mondes, mais par le canal qui leur sert d’évacuateur scatologique.

Qu’i nous soit permis de remarquer que « Pampeligosse, » expliqué par « le pays où l’on se gausse du pape, » dans des commentaires d’une science plus superficielle que fondée, n’est autre que le « Pamparigoussa » et le « Pamparigousta » des Provençaux et des Comtadins, c’est-à-dire un des méridionalismes le plus notoires du curé de Meudon. (R.-F.)

Toute diffusion est vivement encouragée et souhaitée

2026 Pierre-Gibert.fr – Version 1.2.8 Dernière mise à jour 10 octobre 2026

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